Comprendre quelle est notre situation à l'aide de textes philosophiques et de l'appareil de la psychanalyse afin de penser les moyens d'une action possible. Retrouver le chemin de la Raison en faisant droit aux raisons de chacun.
Invités Françoise Héritier et Paul Thibaud
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Tout ce que dit Françoise Heritier parait d'une naiveté stupéfiante. J'ai l'impression d'entendre un écho de la doxa contemporaine. Je pourrais entendre tenir les memes propos par mes élèves de lycée. J'ai meme l'impression qu'elle ne sait pas ce que c'est qu'une différence culturelle. Son jugement parait très pauvre et ridicule, la condition des femmes lui parait sensiblement la meme en France et dans les sociétés musulmanes, il n'y aurait aucune spécificité occidentale, l'origine de l'anthropologie ne l'interpelle pas, elle trouve tout juste qu'il y a là un paradoxe (à moins que l'anthropologie ne soit de tous les pays), le sens critique est la chose du monde la mieurx partagée, etc...pas une seule fois dans son discours n'apparait le fait que les différences culturelles ordonnent des regards, qu'elles témoignent de mondes différents. A l'écouter je me persuaderais aisément que je suis effectivement chez moi chez l'autre, seulement voilà, ce n'est pas le cas, chez l'autre je suis ailleurs, je ne sais plus où je suis. Tout son propos témoigne d'une indifférence surprenante au regard de l'autre, à sa subjectivité, tout son discours vise à refermer l'abime et à conjurer la différence, ce qui quand on est anthropologue est tout de meme étrange. La valence différentielle des sexes, autre invariant structural qu'elle se vante d'avoir identifié, l'empeche aussi de voir à ce qu'il semble, que le statut des femmes a pu varier considérablement d'une société à une autre et cela meme dans le cadre du patriarcat. Au fond, ce discours est très confus, on prétend qu'il s'agit de ne pas hierarchiser les cultures et en fait on s'emploie à nier leurs différences comme si ces différences n'étaient pas là, parce qu'au fond une fois reconnue il est bien difficile en effet de ne pas en tirer des jugements de valeur, et alors ? Faut-il s'abêtir pour ne pas voir ce qui est à voir et s'abstenir de juger là où l'action nous requiert ? J'ai l'impression que ce comportement est de l'ordre, pour une fois le terme me semble approprié, de la phobie.